Le bois extérieur nécessite une protection adaptée contre les agressions climatiques pour conserver sa beauté et sa durabilité.
Face aux rayons UV, à l’humidité et aux variations de température, deux solutions principales s’offrent aux propriétaires: la lasure et le saturateur.
Ces deux produits, bien que destinés à protéger le bois, présentent des caractéristiques distinctes qui les rendent plus ou moins appropriés selon les situations.
Le choix entre ces deux options dépend de nombreux facteurs comme le type de bois, l’exposition aux intempéries ou encore l’effet esthétique recherché.
Différences fondamentales entre lasure et saturateur
Composition et mode d’action des deux produits
La lasure est un produit de finition filmogène qui forme une pellicule protectrice à la surface du bois. Elle contient généralement des résines alkydes ou acryliques, des pigments colorants et des agents anti-UV. Son mode d’action consiste à créer une barrière qui empêche l’eau de pénétrer tout en laissant le bois respirer.
Le saturateur, quant à lui, est un produit d’imprégnation non filmogène à base d’huiles naturelles ou synthétiques. Il pénètre en profondeur dans les fibres du bois pour les nourrir et les protéger de l’intérieur. Cette imprégnation permet au bois de conserver sa structure naturelle tout en le rendant hydrophobe.
| Caractéristique | Lasure | Saturateur |
|---|---|---|
| Composition | Résines alkydes/acryliques | Huiles naturelles/synthétiques |
| Mode d’action | Filmogène (surface) | Non filmogène (imprégnation) |
| Pénétration | Superficielle | Profonde |
Aspect visuel obtenu après application
La lasure met en valeur les veines du bois tout en apportant une teinte plus ou moins opaque selon le nombre de couches appliquées. Elle existe en différentes finitions (mate, satinée ou brillante) et offre une large gamme de teintes, du naturel aux couleurs plus prononcées. La lasure peut donner un aspect légèrement brillant qui accentue la beauté du bois.
Le saturateur conserve l’aspect naturel et mat du bois en rehaussant simplement sa teinte d’origine. Il ne forme pas de film en surface, ce qui permet de préserver la texture authentique du matériau. Les teintes disponibles sont généralement plus limitées et restent dans des tons naturels (incolore, miel, teck, etc.). Le bois traité au saturateur garde un toucher brut et authentique.
Critères de choix selon le type de bois
Essences de bois compatibles avec la lasure
La lasure convient particulièrement aux bois tendres comme le pin, le sapin ou l’épicéa. Ces essences, plus poreuses et moins denses, bénéficient de la protection filmogène qui limite l’absorption d’eau. Les bois résineux comme le pin sylvestre ou le mélèze réagissent également bien à la lasure qui forme une barrière efficace contre les intempéries.
Les bois européens traditionnellement utilisés en menuiserie extérieure comme le chêne ou le châtaignier peuvent aussi recevoir une lasure, notamment lorsqu’ils sont utilisés pour des éléments verticaux comme les bardages ou les volets. Une étude menée par le Centre Technique du Bois et de l’Ameublement a démontré que la lasure prolonge la durée de vie des bois tendres exposés aux intempéries de 30% en moyenne par rapport à un bois non traité.
- Bois tendres: pin, sapin, épicéa
- Bois résineux: pin sylvestre, mélèze
- Bois européens: chêne, châtaignier (pour éléments verticaux)
- Bois neufs ou peu abîmés
Types de bois adaptés au saturateur

Le saturateur est particulièrement recommandé pour les bois denses et naturellement durables comme les bois exotiques. L’ipé, le teck, le bangkirai ou encore le cumaru, avec leurs structures denses et leurs huiles naturelles, absorbent parfaitement les saturateurs qui viennent compléter leurs propriétés naturelles. Ces bois, souvent utilisés en terrasse ou mobilier de jardin, conservent ainsi leur aspect authentique.
Les bois thermotraités répondent également très bien au saturateur. Le traitement thermique ayant modifié la structure du bois pour le rendre plus stable et moins sensible à l’humidité, le saturateur vient compléter cette protection en nourrissant le bois en profondeur. Le pin maritime, après un traitement thermique, devient un excellent candidat pour l’application d’un saturateur sur une terrasse extérieure.
Impact de l’âge et de l’état du bois
L’âge et l’état du bois jouent un rôle déterminant dans le choix entre lasure et saturateur. Un bois neuf peut recevoir indifféremment l’un ou l’autre des traitements, selon l’effet recherché et le type d’essence. Pour un bois déjà grisaillé ou vieilli par les UV, le saturateur représente souvent une meilleure option car il pénètre plus profondément et régénère le bois de l’intérieur.
Les bois déjà traités nécessitent une attention particulière. Un bois précédemment lasuré devra être poncé pour retirer l’ancienne couche avant d’appliquer un saturateur. À l’inverse, passer d’un saturateur à une lasure est plus simple, nécessitant seulement un bon nettoyage. Les bois abîmés ou fissurés bénéficient davantage du saturateur qui pénètre dans les micro-fissures pour les nourrir.
Considérations pratiques pour l’application
Méthodes d’application et difficulté de mise en œuvre
L’application de la lasure requiert une certaine technique pour éviter les traces et coulures. Elle s’applique généralement en deux ou trois couches fines, avec un temps de séchage entre chaque couche. Le pinceau, le rouleau ou le pistolet peuvent être utilisés selon la surface à traiter. La préparation du support est essentielle: ponçage, dépoussiérage et application d’une sous-couche pour les bois neufs.
Le saturateur présente une application plus simple et plus tolérante. Il s’applique généralement en une ou deux couches « mouillé sur mouillé », c’est-à-dire que la seconde couche est appliquée avant le séchage complet de la première. Un simple pinceau ou rouleau suffit, et l’excédent de produit doit être essuyé après 15-30 minutes pour éviter tout film en surface. Cette méthode pardonne davantage les erreurs d’application.
Fréquence d’entretien requise
La lasure nécessite un entretien régulier pour maintenir son efficacité protectrice. En fonction de l’exposition aux intempéries, il faut prévoir une nouvelle application tous les 3 à 5 ans. Les signes indiquant qu’un rafraîchissement est nécessaire incluent la décoloration, l’apparition de microfissures dans le film protecteur ou le début de grisaillement du bois.
Le saturateur demande un entretien plus fréquent mais plus simple à réaliser. Un bois saturé doit généralement être retrempé tous les 1 à 2 ans, mais cette opération ne nécessite pas de ponçage préalable. Il suffit de nettoyer la surface et d’appliquer une nouvelle couche de saturateur. Cette maintenance régulière mais légère permet de conserver l’aspect et la protection du bois sur le long terme.
Rapport qualité-prix et coût à long terme
À l’achat, la lasure présente généralement un prix plus élevé que le saturateur, avec des tarifs variant de 15 à 40€ le litre selon la qualité et la marque. Son pouvoir couvrant est d’environ 10-12 m² par litre. Si le coût initial peut sembler avantageux pour la lasure haut de gamme qui offre une protection plus longue, il faut considérer les frais de rénovation qui incluent le ponçage et la préparation du support.
Le saturateur, vendu entre 20 et 35€ le litre, couvre généralement 5 à 8 m² par litre car le bois en absorbe davantage. Bien que nécessitant des applications plus fréquentes, l’entretien d’un bois saturé revient souvent moins cher sur le long terme car il ne nécessite pas de ponçage complet ni de préparation complexe. Un simple nettoyage et une nouvelle application suffisent, réduisant ainsi le coût de la main-d’œuvre pour les travaux d’entretien.
Le tableau comparatif suivant résume les aspects économiques des deux solutions sur une période de 10 ans pour une terrasse de 20 m² :
| Critère | Lasure | Saturateur |
|---|---|---|
| Coût initial (produit) | 120-320€ | 100-280€ |
| Nombre d’entretiens sur 10 ans | 2-3 | 5-10 |
| Coût total sur 10 ans (produit) | 360-960€ | 500-1400€ |
| Temps de préparation par entretien | 4-8h (ponçage inclus) | 1-2h (nettoyage simple) |
Pour faire le bon choix entre lasure et saturateur, il faut prendre en compte plusieurs facteurs: le type de bois à traiter, l’exposition aux intempéries, l’effet esthétique recherché et le temps disponible pour l’entretien. La lasure conviendra mieux aux bois tendres et aux personnes recherchant une protection durable avec un entretien espacé. Le saturateur sera préféré pour les bois exotiques et pour ceux qui privilégient l’aspect naturel du bois, même au prix d’un entretien plus fréquent.
