Retirer une cheville Molly peut sembler délicat lorsqu’on découvre sa construction métallique expansée derrière le mur. Cette fixation robuste, conçue pour les supports creux comme le placo ou les cloisons de doublage, possède une structure qui se déploie à l’intérieur de la paroi lors de l’installation. Son retrait nécessite une approche méthodique pour éviter d’agrandir le trou existant ou d’endommager la surface.
La difficulté réside principalement dans la présence des ailettes en étoile qui se sont verrouillées derrière le matériau. Une extraction hasardeuse risque d’arracher une portion importante du plâtre ou de fragiliser la cloison. Heureusement, plusieurs techniques éprouvées permettent de démonter proprement cette fixation sans recourir à des méthodes destructives.
Les méthodes efficaces pour retirer une cheville Molly
Avant toute intervention, le retrait complet de la vis et de l’objet fixé constitue le premier geste indispensable. L’objectif principal reste de détacher la collerette métallique visible en surface, puis de pousser le corps avec ses ailettes expansées derrière le mur pour minimiser les dégâts. Cette approche préserve l’intégrité du support creux et facilite le rebouchage ultérieur.
Chaque méthode présente des avantages selon la situation rencontrée et le niveau d’accessibilité de la fixation. Le choix dépend également de l’état de la cheville et du matériel disponible.
La méthode au tournevis plat et pince pour un retrait propre

Cette technique est l’approche la plus soigneuse pour extraire une cheville à expansion métallique sans dommages majeurs. Elle convient particulièrement aux plaques de plâtre d’une épaisseur maximale de 45 mm. La procédure commence par le dévissage intégral de la vis mécanique à l’aide d’un tournevis adapté au type de tête.
Une fois la vis retirée, insérer la pointe d’un tournevis plat large entre la collerette et la surface du mur permet de créer un point d’appui. Le placement précis se situe au ras de la tête métallique, en utilisant les repères parfois présents sur les ailettes comme guides. Un mouvement de levier progressif plie les bords de la collerette vers l’extérieur ou l’intérieur, deux par deux, jusqu’à leur rupture ou déformation suffisante.
| Étape | Action précise | Résultat attendu |
|---|---|---|
| Dévissage complet | Rotation antihoraire de la vis jusqu’à extraction totale | Accès libre à la collerette |
| Insertion tournevis | Positionnement de la lame au ras de la tête | Point d’appui pour levier |
| Bascule collerette | Mouvement progressif pour plier le métal | Fragilisation des bords |
| Extraction fragments | Saisie avec pince et retrait des morceaux | Libération de l’orifice |
| Poussée corps | Pression du tournevis avec petits coups de paume | Chute des ailettes dans la cavité |
Utiliser une pince à bec fin ou multiprise facilite ensuite la saisie des fragments métalliques pour les extraire complètement. La dernière étape consiste à pousser le corps restant dans la cavité murale avec le tournevis, en appliquant de légères pressions avec la paume de la main. Cette méthode préserve au maximum l’intégrité du placo et limite le diamètre du trou final à celui du perçage initial.
La technique du marteau pour désolidariser la cheville
L’approche par percussion est une alternative efficace lorsque la collerette résiste au levier. Cette méthode exploite la force d’impact pour casser la liaison entre les différents éléments de la fixation. Le processus débute par un dévissage partiel de la vis, qui reste engagée de quelques tours dans le corps métallique.
La vis positionnée en appui contre le corps de la cheville devient alors le point de transmission de l’énergie. Un coup sec de marteau sur la tête de vis désolidarise les composants en provoquant une rupture mécanique. Après ce premier impact, le retrait complet de la vis permet une manipulation différente pour la seconde phase. Réinsérer la vis selon un angle diagonal permet d’accrocher le bord des ailettes expansées.
Un second coup de marteau bien dosé éjecte le corps métallique derrière le mur, où il tombera dans la cavité. La collerette se retire ensuite aisément à la main ou avec une pince. Cette technique nécessite toutefois une certaine précision pour éviter d’endommager le support par des coups trop violents ou répétés. Les charges supportées par ces fixations varient de moins de 20 kg pour des diamètres de vis de 3 à 5 mm, jusqu’à 40 kg pour des vis de 6 à 8 mm.
Le perçage avec foret métaux pour les chevilles récalcitrantes
Face à une cheville particulièrement résistante ou installée depuis longtemps, le perçage donne une solution radicale mais contrôlée. Cette méthode requiert une perceuse équipée d’un foret spécifique pour métaux, dont le diamètre peut être légèrement supérieur au trou de vis ou inférieur au corps de la cheville. Choisir le diamètre influence la rapidité et la précision du retrait.
La configuration de la perceuse a un rôle déterminant dans la réussite de l’opération. Le réglage sur vitesse élevée avec couple maximum, sans activation de la fonction percussion, garantit une découpe nette du métal. Désactiver le mode percussion prévient les vibrations qui fragiliseraient le placo environnant. Le perçage s’effectue au centre de la collerette visible, en appliquant une pression modérée pour éviter le blocage du foret.
- Montage d’un foret neuf et affûté pour faciliter la pénétration du métal
- Perçage progressif sans appui excessif pour prévenir les échauffements
- Arrêt dès la rupture de la collerette pour limiter l’agrandissement du trou
- Extraction des fragments métalliques avec une pince coupante ou à bec fin
- Vérification que le corps est tombé derrière le mur par léger secouement
Le perçage typique s’effectue avec un diamètre de 8 mm pour une cheville M4x24, correspondant à une vis de 4 mm de diamètre et 24 mm de longueur. Le foret doit rester strictement perpendiculaire à la surface pour une découpe uniforme. Les fragments métalliques générés nécessitent une collecte soigneuse pour éviter les blessures.
Les solutions alternatives de camouflage sans retrait complet
Dans certains cas, le retrait intégral de la fixation n’apparaît ni nécessaire ni souhaitable, notamment lorsque le repositionnement d’un nouvel élément est prévu au même endroit. Le camouflage donne une solution pratique qui préserve du temps et réduit les interventions sur le mur. Cette approche convient aux situations où l’esthétique prévaut sur une extraction totale.
La technique la plus simple consiste à enfoncer la collerette de 2 à 3 mm sous la surface du mur à l’aide d’un marteau, en frappant délicatement pour ne pas fissurer le placo. Appliquer un mastic acrylique directement sur la partie enfoncée masque efficacement la présence de la fixation. Cette méthode se révèle particulièrement adaptée aux zones sèches, mais déconseillée dans les environnements humides où le mastic perdrait son adhérence.
Une autre option combine plusieurs outils pour un démontage partiel. Utiliser une pince coupante ou une mini-meuleuse permet de sectionner la collerette au ras du mur. Les ailettes métalliques s’abaissent ensuite par pression avec le tournevis, permettant de pousser l’ensemble du corps dans la cavité. Cette solution hybride laisse un orifice légèrement plus grand qu’un camouflage simple, mais inférieur à celui d’une extraction classique.
| Méthode alternative | Outils nécessaires | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| Enfoncement et mastic | Marteau, mastic acrylique | Rapide, minimal, discret | Interdit en zones humides |
| Découpe collerette | Pince coupante ou meuleuse | Retrait partiel efficace | Génère des fragments tranchants |
| Comblement sans retrait | Papier journal, enduit | Évite manipulation complexe | Moins solide pour nouvelle fixation |
Les outils et précautions indispensables avant de commencer
Préparer minutieusement l’intervention détermine largement la qualité du résultat final. Assembler le matériel adapté et prendre en compte les contraintes du support évitent les erreurs coûteuses en temps et en réparations. Une cheville destinée aux supports creux comme les briques creuses ou parpaings creux nécessite une approche différente de celle prévue pour du béton plein.
Connaître au préalable le type exact de fixation installée oriente vers la méthode la plus appropriée. Les chevilles classiques se distinguent des modèles auto-perceurs par leur système de verrouillage et leur résistance au retrait. Cette identification permet d’anticiper les difficultés potentielles et d’adapter la stratégie d’intervention.
Le matériel nécessaire pour chaque méthode de retrait
Chaque technique de démontage requiert un équipement spécifique pour garantir efficacité et sécurité. Le tournevis plat est l’outil de base, avec une largeur de lame adaptée au diamètre de la collerette pour maximiser l’effet de levier sans glisser. Sa robustesse doit permettre de supporter les contraintes de torsion sans déformation.
Les pinces se déclinent en plusieurs variantes selon l’usage prévu. Une pince à bec fin facilite la saisie des petits fragments dans les espaces restreints, tandis qu’une multiprise donne une prise plus ferme sur les éléments de taille moyenne. La pince coupante intervient pour sectionner le métal lorsque les autres méthodes échouent. Le marteau de taille moyenne, avec une masse suffisante pour transmettre l’énergie sans excès, complète l’outillage de base.
- Perceuse électrique avec réglage de vitesse et couple pour le perçage contrôlé
- Assortiment de forets pour métaux avec diamètres de 6 à 10 mm selon la taille des chevilles
- Enduit de rebouchage à prise rapide pour les finitions immédiates
- Mastic acrylique pour les camouflages discrets en zones non exposées à l’humidité
- Papier de verre à grains fins pour le ponçage des surfaces rebouchées
- Papier journal pour le bouchonnage des cavités profondes avant l’enduit
Choisir le foret adapté détermine la facilité du perçage. Un modèle affûté récemment pénètre le métal sans échauffement excessif, tandis qu’un foret émoussé génère des frottements qui peuvent bloquer et endommager le support. Respecter les vitesses recommandées pour chaque diamètre préserve à la fois l’outil et le matériau percé.
