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Pourquoi faire recycler ses chutes de métaux et ferrailles après un chantier ?

Faire recycler ses chutes de métaux après un chantier n’est plus un choix : le tri des métaux à la source est obligatoire depuis 2022 sur les chantiers de construction et de démolition. Au-delà de la conformité, une benne de ferraille propre se revend là où une benne de tout-venant se paie, et l’acier comme l’aluminium repartent en fabrication à la place de minerai vierge.

Une obligation réglementaire avant d’être un geste écologique

Le décret dit « 7 flux » impose de trier séparément sept familles de déchets sur le chantier : métaux, bois, béton, verre, plastique, plâtre et fraction minérale. N’y échappent que les chantiers produisant moins de 10 m3 de déchets sur toute leur durée, ou ceux où il est impossible d’affecter 40 m2 au stockage. Confier vos ferrailles à un opérateur spécialisé dans le recyclage des déchets ferrailles vous procure le document qui compte le jour d’un contrôle.

Ce document, c’est le bordereau de suivi ou l’attestation de collecte. Il mentionne la nature du déchet, la quantité et le lieu de valorisation, et prouve que le tri a bien été respecté. Sans lui, votre responsabilité de producteur reste engagée jusqu’au bout de la chaîne, et l’amende administrative peut atteindre 7 500 euros pour une personne morale.

Des chutes de métaux qui valent de l’argent

Contrairement au plâtre ou aux gravats, la ferraille est une matière première cotée. En 2026, la ferraille lourde s’échange entre 140 et 180 euros la tonne, la ferraille mêlée autour de 150 à 160 euros, la ferraille légère entre 80 et 130 euros. L’aluminium de récupération se négocie de 0,80 à 1,50 euro le kilo selon sa pureté. Sur une réhabilitation qui sort quelques tonnes de profilés, de tubes et de tôles, la reprise couvre une partie du poste évacuation.

Encore faut-il savoir ce que vous sortez, car la valeur varie fortement d’un flux à l’autre : entre acier inoxydable et acier galvanisé, la reprise n’a rien de comparable. Certains opérateurs tiennent un comptoir d’achat où les artisans déposent directement leurs lots, d’autres organisent l’enlèvement sur site avec rachat au poids. La matière part ensuite au broyage et au cisaillage avant de rejoindre les aciéries.

Comment organiser le tri des ferrailles sur le chantier ?

Bennes de tri séparées sur un chantier de démolition

Tout se joue à l’installation. Prévoyez une benne dédiée aux métaux au même titre que la zone gravats, et séparez les ferreux des non ferreux avec un simple aimant : l’acier et la fonte accrochent, l’aluminium, le cuivre et le zinc non. Un lot mélangé à du plâtre, à des isolants ou à du bois perd sa valeur de reprise et bascule en tout-venant.

Sur une rénovation lourde, ce réflexe se prépare en même temps que le débarras du bâtiment, avant la première dépose. Vous y gagnez trois fois : moins de rotations de bennes, une traçabilité complète, et une matière qui retourne en production au lieu de finir enfouie. Recycler une tonne d’acier économise plus de 70 % de l’énergie de la filière primaire, et une tonne d’aluminium recyclé n’en consomme que 5 %, soit près de 14 000 kWh épargnés.