Les parpaings creux, omniprésents dans la construction moderne, présentent un défi unique en matière de fixation. Leurs alvéoles internes réduisent considérablement la surface d’ancrage disponible, rendant les chevilles classiques inadaptées et potentiellement dangereuses. Choisir une fixation appropriée nécessite une compréhension précise des contraintes mécaniques et des caractéristiques spécifiques de ce matériau poreux.
Choisirune cheville pour parpaing creux dépend essentiellement de trois facteurs déterminants : le poids total de l’objet à suspendre, le type de sollicitation exercée (traction verticale ou cisaillement horizontal), et la profondeur du mur, généralement comprise entre 15 et 20 cm. Une erreur de dimensionnement peut entraîner l’arrachement complet de la fixation, avec des conséquences matérielles ou corporelles graves.
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Les chevilles adaptées selon le poids de votre charge
La classification des chevilles selon la charge admissible est le premier critère de sélection. Les professionnels recommandent systématiquement d’appliquer un facteur de sécurité de 2 à 3, multipliant ainsi la charge réelle pour déterminer la capacité nécessaire de la fixation. Cette méthode compense les variations de qualité du parpaing et les imprécisions de pose.
Charges légères (moins de 30 kg) : chevilles en nylon et à expansion
Les chevilles en nylon à expansion sont la solution économique pour suspendre tableaux, étagères décoratives ou luminaires. Ces dispositifs fonctionnent selon un principe simple : la vis comprime le corps de la cheville qui se déforme dans les alvéoles pour créer un ancrage mécanique. Les modèles universels comme la Fischer DuoPower s’adaptent automatiquement à la structure creuse en formant un nœud de verrouillage.
Les dimensions recommandées pour cette catégorie s’échelonnent de 5 à 8 mm de diamètre, avec des longueurs variant entre 30 et 65 mm. Une cheville DuoPower 8×65 peut supporter jusqu’à 30 kg dans un parpaing creux standard, tandis que les modèles plus compacts de 5 mm restent limités à 20 kg.
Pour les fixations décoratives minimales, inférieures à 5 kg, les chevilles à crampon permettent une pose ultra-rapide. Leurs branches métalliques se coincent directement dans les vides du matériau sans nécessiter de préparation complexe. Les chevilles à bascule, également appelées chevilles avion, déploient des ailettes qui s’ouvrent derrière la paroi, particulièrement efficaces pour les plafonds en parpaing.
Charges moyennes (30 à 100 kg) : chevilles Molly métalliques
Les chevilles Molly sont la référence pour accrocher meubles suspendus, radiateurs ou miroirs lourds. Composées d’une tige filetée et d’un corps métallique expansible, elles créent un ancrage robuste contre les parois internes du parpaing. La pince spéciale déforme le métal qui vient épouser la structure alvéolaire, répartissant les contraintes sur une surface élargie.
Ces fixations supportent généralement entre 30 et 60 kg par point d’ancrage, avec des diamètres compris entre 6 et 10 mm. Les versions professionnelles à verrouillage de forme multimatériaux (MUTP) atteignent des capacités impressionnantes de 100 à 400 kg dans certaines configurations, bien que ces performances nécessitent une vérification spécifique pour les matériaux creux.
Poser une cheville Molly exige une précision particulière. Le perçage initial doit correspondre exactement au diamètre du corps non déployé. L’insertion se fait manuellement jusqu’à ce que la collerette affleure le mur, puis la pince à expansion écrase le corps métallique pour former l’ancrage définitif. Les mêmes principes s’appliquent lors du choix d’une taille de cheville Molly adaptée à différents supports.
Charges lourdes (plus de 100 kg) : scellement chimique et chevilles à bascule renforcées
Au-delà de 100 kg par point d’ancrage, le scellement chimique est la solution la plus fiable. Cette technique utilise une résine bi-composant injectée dans le trou foré, associée à un tamis cylindrique qui empêche la résine de s’écouler dans les alvéoles. Une tige filetée M10 à M16 est ensuite insérée et maintenue pendant la polymérisation.
Les performances du scellement chimique dans le parpaing creux atteignent 500 à 880 kg par point, des valeurs comparables au béton plein. Cette capacité permet d’installer des chauffe-eau de 300 litres, des climatiseurs muraux ou des téléviseurs grand format en toute sécurité. Le temps de durcissement requis dépasse généralement 60 minutes, période durant laquelle aucune sollicitation ne doit être appliquée.
Les chevilles à bascule renforcées sont une alternative mécanique pour les charges comprises entre 50 et 120 kg. Leurs bras articulés se déploient largement derrière la paroi, distribuant les efforts sur une zone étendue. Les modèles de diamètre 10 mm et plus conviennent particulièrement aux fixations traversantes où l’accès arrière reste possible.
| Type de fixation | Charge maximale (kg) | Temps d’installation | Démontabilité |
|---|---|---|---|
| Nylon expansion | 20-30 | 5 minutes | Oui |
| Molly métallique | 30-60 | 10 minutes | Limitée |
| À bascule renforcée | 50-120 | 15 minutes | Oui |
| Scellement chimique | 500-880 | 90 minutes+ | Non |
Guide de pose étape par étape pour une fixation solide
Réussir une fixation dans le parpaing creux repose sur le respect scrupuleux de chaque phase d’installation. Une préparation minutieuse détermine la longévité et la sécurité de l’ancrage, indépendamment du type de cheville choisi.
Préparation et perçage adapté aux alvéoles du parpaing
Identifier au préalable l’orientation des alvéoles est la première démarche technique. Les parpaings ont généralement des cavités verticales, mais certaines configurations horizontales existent. Le perçage doit systématiquement cibler le centre de l’alvéole pour maximiser l’épaisseur de matériau disponible. Un détecteur de matériaux aide à localiser précisément les zones pleines et creuses.
Le foret à béton choisi doit correspondre exactement au diamètre de la cheville. Pour une fixation de 8 mm, un foret de 8 mm s’impose sans tolérance. La profondeur de perçage dépasse la longueur de la cheville d’au moins 1 cm, permettant l’évacuation des résidus et l’expansion complète du dispositif.
La vitesse de rotation doit rester modérée pour éviter l’éclatement du parpaing. Le mode percussion, bien que tentant pour accélérer l’opération, fragilise la structure alvéolaire et crée des microfissures invisibles. La progression par passes successives, avec retrait régulier pour l’évacuation des poussières, garantit un trou propre et cylindrique.
Nettoyer le perçage s’effectue idéalement avec un aspirateur dédié ou une soufflette pneumatique. Les résidus de béton restants compromettent l’ancrage des chevilles à expansion et réduisent l’adhérence des scellements chimiques. Trois passages d’aspiration suivis d’un soufflage assurent une propreté optimale.
Installation selon le type de cheville choisi
Les chevilles en nylon s’insèrent manuellement dans le trou jusqu’à affleurement de la collerette. La vis accompagnée doit mesurer la longueur de la cheville additionnée de l’épaisseur de l’objet à fixer, plus 1 cm de réserve. Le vissage s’effectue progressivement, en contrôlant régulièrement la résistance croissante qui indique l’expansion correcte du nylon.
Pour une cheville Molly, l’insertion manuelle précède l’utilisation de la pince à expansion. Les mâchoires de l’outil saisissent la tige filetée et compriment le corps métallique contre lui-même. Un claquement caractéristique signale la déformation complète. La vis définitive remplace ensuite la tige de pose, en serrant modérément pour ne pas surcharger l’ancrage fraîchement formé.
Le scellement chimique requiert une méthodologie rigoureuse. Le tamis cylindrique s’introduit en premier pour compartimenter l’alvéole. La cartouche bi-composant s’applique avec un pistolet professionnel, en remplissant le volume de bas en haut pour chasser les bulles d’air. La tige filetée se visse lentement dans la résine fraîche, positionnée verticalement à l’aide d’un niveau durant toute la phase de polymérisation.
- Respecter un espacement minimal de 10 cm entre deux fixations pour éviter les interférences mécaniques
- Maintenir une distance au bord du parpaing au moins égale à la longueur de la cheville
- Vérifier l’horizontalité ou la verticalité avec un niveau avant serrage définitif
- Attendre le temps de prise complet avant application de la charge pour les scellements chimiques
- Effectuer un test de traction manuelle après 24 heures pour valider la solidité
Erreurs courantes à éviter lors de la pose
Utiliser des chevilles pour matériaux pleins dans un parpaing creux est la faute technique la plus fréquente. Ces fixations développent une force d’expansion radiale que les parois alvéolaires ne peuvent contenir, conduisant à un arrachement immédiat ou différé. Les chevilles à frapper, particulièrement appréciées pour leur rapidité, créent des microfissures invisibles qui fragilisent durablement la structure.
Le surdimensionnement excessif du perçage est une autre erreur récurrente. Un trou de 10 mm pour une cheville de 8 mm annule complètement l’effet d’expansion du nylon ou du métal. L’ancrage repose alors uniquement sur le frottement résiduel, avec une capacité de charge divisée par trois ou quatre. La règle absolue impose un diamètre de foret strictement égal à celui de la cheville.
Ne pas respecter les temps de prise pour les scellements chimiques expose à des défaillances catastrophiques. La résine non polymérisée ne développe aucune résistance mécanique. Solliciter une fixation chimique avant durcissement complet provoque le fluage de l’ancrage et la déformation permanente de la tige filetée. Les fabricants spécifient des durées minimales de 60 à 90 minutes selon la température ambiante.
La concentration excessive de fixations sur une zone restreinte fragilise l’ensemble de la structure. Les contraintes mécaniques se cumulent et créent des zones de faiblesse dans le parpaing. Un espacement régulier et calculé distribue les efforts sur l’ensemble du mur, multipliant par deux la capacité globale du système de fixation.
Tableaux comparatifs des charges admissibles et marques recommandées
Comparer objectivement les performances techniques guide le choix vers les produits réellement adaptés aux contraintes spécifiques du parpaing creux. Les données de charge admissible proviennent d’essais normalisés réalisés dans des conditions contrôlées.
Capacités de charge par type de cheville dans le parpaing creux

Les valeurs de charge admissible varient selon les marques et les références précises. Les tableaux suivants compilent des données moyennes observées pour les gammes courantes, établies selon les agréments ETA (European Technical Assessment) et les procédures AVCP (Assessment and Verification of Constancy of Performance).
| Diamètre / Longueur | Nylon universel (kg) | Molly métallique (kg) | Bascule renforcée (kg) | Chimique (kg) |
|---|---|---|---|---|
| 5 x 30 mm | 20 | – | – | – |
| 6 x 50 mm | 25 | 30 | – | – |
| 8 x 65 mm | 30 | 45 | 60 | – |
| 10 x 80 mm | – | 60 | 80 | 500 |
| 12 x 100 mm | – | – | 120 | 700 |
| M16 (tige) | – | – |
