Le choix de l’épaisseur d’OSB pour un plancher est une décision technique déterminante pour la stabilité et la longévité d’une construction. Ce panneau de bois reconstitué, largement adopté dans les projets d’ossature bois et de rénovation, doit répondre à des critères précis de résistance mécanique et de conformité normative.
L’OSB/3 est la référence pour un usage structurel en milieu humide, tandis que l’OSB/4 convient aux environnements particulièrement exigeants. La détermination de l’épaisseur appropriée dépend de plusieurs paramètres interdépendants : l’entraxe des solives, les charges d’exploitation, la destination des locaux et les exigences réglementaires définies par le DTU 51.3.
Les épaisseurs standard d’OSB selon le type de plancher
Calculateur d’épaisseur OSB pour plancher
Déterminez l’épaisseur optimale selon vos contraintes structurelles
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Les fabricants proposent des panneaux d’OSB dans une gamme d’épaisseurs comprise entre 15 et 25 mm. Cette variation permet d’adapter le matériau aux caractéristiques structurelles spécifiques de chaque projet.
Le choix repose sur une analyse combinée de la portée libre entre appuis et des sollicitations mécaniques prévisibles. Un calculateur de solivage permet d’affiner ces paramètres dimensionnels en tenant compte des charges réglementaires applicables selon l’usage des locaux.
OSB de 15 à 18 mm pour les planchers sur solives rapprochées
Les panneaux de 15 à 18 mm trouvent leur application dans les configurations où l’entraxe des solives demeure inférieur à 40 cm. Cette épaisseur convient particulièrement aux pièces à faible sollicitation telles que les chambres, bureaux ou combles aménagés.
Pour une charge d’exploitation de 150 daN/m² typique d’une habitation, un panneau de 18 mm accepte un entraxe maximal de 67 cm selon les abaques techniques. Cette dimension assure une flèche résiduelle conforme aux exigences du DTU 51.3, qui limite la déformation à 5 mm sur une portée de 2 mètres.
Le poids réduit des panneaux minces facilite la manipulation sur chantier et diminue les contraintes sur la structure porteuse. Un panneau standard de 18 mm se négocie généralement entre 20 et 30 euros, représentant une solution économique pour les projets résidentiels courants.
La rigidité d’un plancher en OSB 18 mm reste satisfaisante pour un trafic domestique léger. Toutefois, cette épaisseur peut engendrer des vibrations perceptibles lors du passage dans les zones de grande portée ou sous charges ponctuelles importantes comme un mobilier massif.
OSB de 22 à 25 mm pour les planchers à entraxe large
Les panneaux de 22 à 25 mm s’imposent dès que l’entraxe des solives dépasse 50 cm ou lorsque les charges d’exploitation excèdent 200 daN/m². Cette épaisseur garantit une résistance structurelle et minimise les déformations différées.
Un OSB de 22 mm supporte un entraxe de 81 cm pour une charge résidentielle de 150 daN/m², proposant ainsi une plus grande liberté dans la conception du solivage. Cette flexibilité permet de réduire le nombre d’éléments porteurs et d’optimiser l’utilisation des matériaux.
| Épaisseur OSB | Entraxe maximal (150 daN/m²) | Entraxe maximal (200 daN/m²) | Entraxe maximal (250 daN/m²) |
|---|---|---|---|
| 16 mm | 60 cm | 65 cm | 52 cm |
| 18 mm | 67 cm | 62 cm | 58 cm |
| 22 mm | 81 cm | 75 cm | 70 cm |
La performance acoustique s’améliore sensiblement avec l’augmentation de l’épaisseur. Un panneau de 22 mm atténue davantage les bruits d’impact et les transmissions sonores aériennes qu’un équivalent de 18 mm, aspect particulièrement apprécié dans les constructions multi-niveaux.
Le surcoût d’un panneau de 22 mm par rapport à son homologue de 18 mm oscille entre 20 et 30 %. Cette différence tarifaire, comprise entre 25 et 35 euros par panneau, s’amortit rapidement par la réduction du nombre de solives nécessaires et l’amélioration du confort d’usage.
Adapter l’épaisseur selon l’usage et les contraintes du plancher

La destination finale du plancher influence directement l’épaisseur requise. Les normes européennes EN 300 et NF EN 13986 encadrent les performances minimales selon les classes d’usage, tandis que le DTU 51.3 précise les règles de mise en œuvre spécifiques aux planchers en bois.
L’analyse des sollicitations mécaniques prévisibles est le préalable indispensable au dimensionnement. Cette évaluation intègre non seulement les charges permanentes et d’exploitation, mais également les contraintes dynamiques liées à la circulation et aux équipements fixes.
Charges d’exploitation et passage intensif
Les zones soumises à un trafic intense nécessitent une épaisseur accrue pour préserver l’intégrité structurelle sur la durée. Salons, cuisines et rez-de-chaussée supportent des sollicitations répétées et des charges ponctuelles élevées générées par l’électroménager, les meubles de rangement ou les équipements sanitaires.
Une salle de bain équipée d’une baignoire en fonte, dont le poids en charge atteint fréquemment 300 kg, requiert impérativement un plancher en OSB de 22 mm minimum. Cette précaution évite les déformations permanentes et les risques de fissuration des revêtements carrelés.
Les espaces commerciaux, bureaux collectifs ou locaux professionnels répondent à une charge d’exploitation normative de 200 daN/m². Dans ces configurations, le recours à du 22 mm devient la norme pour garantir une rigidité suffisante et limiter les nuisances vibratoires perçues par les occupants.
Une étude menée sur la durabilité des planchers en panneaux dérivés du bois démontre que l’épaisseur conditionne directement la résistance à la fatigue mécanique. Les planchers dimensionnés au minimum réglementaire ont une usure accélérée dans les zones de passage, avec apparition de déformations localisées après quelques années d’exploitation intensive.
Planchers d’étage versus planchers de combles aménageables
Les planchers d’étage supportent une activité quotidienne soutenue et doivent satisfaire à des exigences acoustiques renforcées. La transmission des bruits d’impact entre niveaux est une préoccupation majeure dans l’habitat collectif ou les maisons à plusieurs étages.
Un plancher intermédiaire en OSB de 22 mm, associé à une isolation phonique adaptée entre solives, réduit les nuisances sonores. La masse volumique supérieure et l’meilleure inertie du panneau épais contribuent à l’affaiblissement acoustique global de la paroi horizontale.
- Planchers d’étage principal : privilégier systématiquement 22 mm pour limiter vibrations et bruits
- Combles aménagés en chambres : 18 mm acceptable si entraxe inférieur à 45 cm
- Combles de rangement occasionnel : 15 mm envisageable sur solives rapprochées (35-40 cm)
- Mezzanines et plateformes légères : adapter l’épaisseur selon la charge mobilière prévue
Les combles aménageables, caractérisés par une fréquentation moindre et des charges mobilières limitées, tolèrent des épaisseurs réduites à condition de respecter scrupuleusement les entraxes maximaux. Une charge de 150 daN/m² demeure la référence même pour ces espaces à usage intermittent.
La mise en œuvre exige le respect de règles strictes quelle que soit l’épaisseur retenue. Les panneaux doivent reposer sur trois appuis minimum avec un recouvrement de 18 mm sur chaque solive. Les joints nécessitent un décalage systématique entre rangées successives pour répartir uniformément les contraintes.
Un jeu périphérique de 1,5 mm par mètre linéaire prévient les déformations liées aux variations hygrométriques du matériau. L’OSB, maintenu à un taux d’humidité de 10 à 12 % lors de la pose, subit inévitablement des mouvements dimensionnels sous l’effet des cycles saisonniers.
Les fixations, réalisées par vissage ou agrafage pour les épaisseurs inférieures à 25 mm, participent à la stabilité d’ensemble du plancher. Le DTU 51.3 recommande un espacement adapté à l’épaisseur et à la portée pour garantir la cohésion mécanique de l’ouvrage.
