La portée maximale d’une solive en bois se dimensionne à partir d’une règle empirique bien connue des charpentiers, dite du 20/8/40 : la portée maximale équivaut à 20 fois la hauteur de la solive, l’entraxe conseillé à 8 fois sa largeur, et les entretoises se placent tous les 40 fois son épaisseur. Pour une portée de 3 mètres, cela correspond à une hauteur de solive d’environ 150 mm. Au-delà de 4,5 mètres de portée, un calcul complet selon l’Eurocode 5 devient nécessaire pour valider le confort vibratoire du plancher.
La règle du 20/8/40 expliquée

Cette règle de proportion, transmise de génération en génération dans le métier de la charpente, permet une première estimation rapide sans recourir à un calcul de résistance des matériaux complet. Le chiffre 20 relie la hauteur de la solive à la portée maximale qu’elle peut franchir : une solive de 200 mm de hauteur permet ainsi une portée théorique de 4 mètres. Le chiffre 8 détermine l’entraxe recommandé entre deux solives consécutives en fonction de leur largeur, tandis que le 40 fixe l’espacement des entretoises, ces pièces transversales qui limitent le flambement latéral et répartissent les charges ponctuelles entre solives voisines.
Tableau de sections de solives selon la portée
| Portée | Hauteur de solive recommandée | Largeur courante |
|---|---|---|
| 2,5 m | 125 mm | 50 à 63 mm |
| 3,0 m | 150 mm | 50 à 63 mm |
| 3,5 m | 175 mm | 63 à 75 mm |
| 4,0 m | 200 mm | 63 à 75 mm |
| 4,5 m | 225 mm | 75 mm |
| 5,0 m | 250 mm | 75 mm |
Ces valeurs s’appliquent à un plancher courant chargé à environ 195 kg/m², charge représentative d’un usage résidentiel standard avec mobilier et occupants. Pour un plancher soumis à des charges plus lourdes, comme un espace de stockage, ces sections doivent être revues à la hausse. Notre calculateur de solivage permet d’affiner ce dimensionnement en tenant compte de votre charge d’exploitation réelle.
Les limites de la règle empirique et quand un calcul Eurocode 5 s’impose
La règle du 20/8/40 reste une approximation utile pour un premier dimensionnement, mais elle ne remplace pas un calcul structurel complet dans plusieurs situations. Au-delà de 4,5 mètres de portée, le confort vibratoire du plancher devient un critère souvent plus contraignant que la simple résistance à la flexion : un plancher techniquement suffisant en résistance peut néanmoins vibrer de façon inconfortable au passage, un phénomène que la règle empirique ne permet pas d’anticiper. De même, toute charge sortant du cadre résidentiel standard, mezzanine recevant du mobilier lourd, terrasse suspendue ou local technique, impose de recourir à un calcul selon l’Eurocode 5, qui intègre la classe de résistance réelle du bois, le taux d’humidité et les combinaisons de charges réglementaires.
Comment choisir l’essence de bois pour ses solives ?

Les essences résineuses comme l’épicéa, le sapin et le Douglas dominent le marché des solives en France, classées selon leur résistance mécanique de C18 à C24 par la norme NF EN 338. Le Douglas, plus dense et naturellement plus durable face aux insectes et à l’humidité, permet souvent de gagner en section par rapport à un épicéa de classe C18 pour une même portée, au prix d’un coût d’achat légèrement supérieur. Pour un plancher intermédiaire non exposé à l’humidité, un bois de classe C24 donne un bon compromis entre performance mécanique et budget, réduisant la hauteur de solive nécessaire par rapport à une classe C18.
Foire aux questions sur le dimensionnement des solives en bois
Peut-on utiliser la règle du 20/8/40 pour une portée de 6 mètres ?
La règle reste applicable en théorie, ce qui donnerait une hauteur de solive de 300 mm, mais à cette portée le confort vibratoire et la disponibilité commerciale d’une telle section deviennent limitants. Il est recommandé de passer à une solive en bois lamellé-collé ou à une solution en I à cette échelle, validée par un calcul Eurocode 5.
Faut-il toujours prévoir des entretoises entre solives ?
Oui, dès que la portée dépasse environ 2,5 mètres. Les entretoises limitent le déversement latéral des solives sous charge et améliorent sensiblement le comportement vibratoire du plancher, pour un coût de mise en œuvre marginal par rapport à la sécurité et au confort apportés.
La règle du 20/8/40 tient-elle compte de l’isolation posée entre solives ?
Non, cette règle porte uniquement sur la résistance structurelle du bois et ne prend pas en compte le poids additionnel d’un isolant lourd. Pour une isolation dense en laine minérale ou en ouate de cellulose soufflée, il est prudent de vérifier que la charge totale reste cohérente avec les 195 kg/m² de référence utilisés dans cette règle empirique.
